Etienne Claes et Fernand Maillard, Vice-président honoraire, Institut des Réviseurs d’Entreprises – BE

Les instances EEEI se sont réunies à Avignon, la ville des Papes, le 17 juin 2022.

Un repas convivial avait été organisé le 16 juin en soirée et réunissait des participants au Comex et à l’Assemblée générale, permettant des échanges conviviaux intéressants entre les participants.

Réunion du COMEX

Café d’accueil

La journée du vendredi 17 a commencé par la réunion en matinée du Comex. Durant cette réunion, les membres du COMEX ont pu échanger sur divers points :

  • l’état d’avancement du projet « Find an expert » (1 et 2) ;
  • le renouvellement de mandats au sein du COMEX ;
  • l’approbation des comptes 2021, l’état des comptes 2022, suivis de la discussion et l’approbation du budget 2022 ;
  • l’approbation d’une newsletter spéciale sur le projet « Find an expert » ;
  • la création d’un groupe de travail permanent sur le développement futur des activités commerciales (training, colloques, labellisation) de l’EEEI;
  • le suivi de divers sujets : la Tunisie, formation (Trinidad & Tobago – Erasmus +), IA, réunion CEPEJ.

Présentation de l’expertise ergologique par M. Lauvereys

La réunion s’est terminée avec l’accueil de Jean-Pierre Lauwereys, expert judiciaire belge spécialisé en ergologie, qui a reçu l’Award 2021 EEEI pour son travail sur l’expertise ergologique et a pu résumer l’essentiel de son travail et de la matière.

La science du travail est jeune, puisque chacun s’accorde à lui trouver aujourd’hui, comme origine réelle, l’étude des postes de travail après la Première Guerre mondiale. Depuis, à la suite de la grande crise économique de 1929, les employeurs ont constaté que « il suffit de porter de l’intérêt au travailleur pour qu’il augmente son rendement », intérêt légitime peut-être de leur part, mais pas désintéressé. Depuis, de nouvelles méthodes se succèdent, comme les cercles de qualité dans les années 1980, mais aujourd’hui encore, la motivation au travail reste une priorité pour la plupart des employeurs. Il y a eu entre autres la naissance de l’ergonomie durant la Seconde Guerre mondiale : vers la fin des années cinquante, le Bureau international du Travail publie des méthodes d’organisation du travail à partir de l’examen des postes de travail et de leur adaptation au travailleur. En résumé, par différentes méthodes, l’homme va tenter de sociabiliser la relation « homme-travail », pour redécouvrir aujourd’hui, avec le confinement dû à la Covid-19, le télétravail pour les postes de travail qui le permettent. Le télétravail est apparu à la fin du XXᵉ siècle et, à l’époque, il fut surtout répandu aux Pays-Bas, pays qui reste novateur dans l’organisation du travail et aussi dans les techniques apparemment simples pour faciliter le travail.

Jean-Pierre Lauwereys

Monsieur Lauwereys en vient alors à l’évaluation de la perte socio-économique vue par l’ergologue. Pour l’ergologue, la perte socio-économique ou la perte du potentiel économique s’évalue à partir du dernier métier exercé par le sujet. Elle s’étend aux limites des potentiels actuels du sujet face à son marché du travail et tient compte du ou des derniers métiers qu’il a exercés. Il s’avère impossible de fixer un taux d’incapacité et de définir un futur marché du travail, sans tenir compte des acquis, dont l’expérience professionnelle et des potentiels actuels du sujet.  L’ergologue peut être requis par un médecin, un avocat, un tribunal, une compagnie d’assurances, ou, plus rarement, par une personne privée. Pour son examen, l’ergologue pourra pratiquer l’entretien semi-directif pour amener le sujet à donner un maximum d’informations sur lui-même, son environnement social, sa scolarité, son expérience professionnelle et les circonstances de l’accident ou de la maladie qui l’empêcheraient d’encore exercer son activité professionnelle.  L’évaluation des potentiels porte sur les résultats obtenus à une série de tests choisis en fonction du profil du sujet qui s’est dégagé lors de l’entretien.

Les résultats aux différents tests doivent permettre à l’ergologue de cerner, en quelques heures, les capacités mentales et psychiques du sujet. Enfin, l’ergologue va examiner différents profils de postes de travail et choisir ceux qui conviendraient le mieux au sujet. Il est essentiel, lorsque c’est possible, de voir évoluer le sujet dans son milieu de vie et, si besoin est, sur son dernier, ou un de ses derniers postes de travail. La visite au domicile du sujet permet de voir dans quel environnement il vit (la structure de son environnement, avec l’accès aux commerces, aux moyens de transport et à son domicile) et de relever ce qui peut être source d’obstacle, mais aussi de facilitateur. Le déplacement sur le dernier lieu de travail du sujet va nous permettre de visualiser les gestes professionnels et les déplacements liés au poste de travail.

Les modes opératoires varient selon les praticiens, mais tous visent un même objectif : déterminer les potentiels du sujet sur le marché du travail, avec éventuellement une réorientation professionnelle ou une adaptation possible de son dernier, ou un de ses derniers postes de travail.

Monsieur Lauwereys conclut son intervention par un ensemble de recommandations :

L’ergologue doit se rendre, si possible, sur le lieu de vie du sujet et sur son dernier lieu de travail. Il doit pouvoir entretenir le sujet dans une langue que ce dernier maîtrise, avoir une attitude « neutre – positive » et pratiquer l’empathie tout au long de l’examen, s’appuyer sur une approche globale du sujet (recouvrant les sphères physique (apportée par les médecins), intellectuelle et psychique), définir le nouveau marché du travail du sujet à partir de ses potentiels et non de ses déficiences.

L’Assemblée générale

Après un repas convivial réunissant les membres du COMEX accompagnés de Monsieur Lauwereys, l’assemblée générale de l’EEEI s’est tenue de manière hybride (en présentiel et à distance pour les membres qui n’avaient pas pu se déplacer).

L’assemblée générale a débuté par la partie administrative :

  • la désignation des scrutateurs et la constitution du Bureau ;
  • le rapport moral présenté par la coprésidence, approuvé à l’unanimité ;
  • le rapport financier et la présentation des comptes 2020, approuvés à l’unanimité.
Vote en présentiel et distanciel

Ont également été approuvés à l’unanimité :

  • Le budget 2022 et la fixation des cotisations 2022 ;
  • la réélection au Comité exécutif de plusieurs membres dont le mandat était arrivé à expiration : Béatrice Deshayes, Christiane Lenz, Roch Menes, Martine Otter, Florence Rochelemagne.

Participation et intervention du président du CECCAR Robert Sova, membre institutionnel de l’EEEI.

Robert Sova, président du CECCAR

Une table ronde s’est tenue ensuite sur le thème : « Comment les experts peuvent-ils gérer la pression ? ». La table ronde réunissait Sascha Dalen Gilhuijs, Nico Keijser et Eva Indruchovà dont vous pouvez retrouver les présentations sur YouTube :

Soirée culturelle

La journée s’est clôturée par une visite guidée d’Avignon pour quelques courageux participants qui ont parcouru le centre-ville, avec une guide chevronnée.

Nous profitons de cette occasion pour vous remercier encore une fois de votre participation, en face à face et en ligne, à ces réunions.

Article rédigé par Fernand Maillard, Vice-président honoraire, Institut des Réviseurs d’Entreprises – BE