Par Johan Vanden Eyden, avocat au barreau de Bruxelles depuis 1982 et admis au barreau de la province de Luxembourg depuis 2021. Il est également admis au Barreau de Paris (France) depuis 1996.

En Belgique, la loi du 1er août 1985 a instauré la Commission pour l’aide financière aux victimes d’actes intentionnels de violence. Ce dispositif permet aux victimes et aux proches de victimes décédées de bénéficier d’une aide financière lorsque l’auteur des faits est insolvable ou inconnu.

Un mécanisme de solidarité nationale

La Commission est un organe indépendant du ministère de la Justice. Elle intervient à titre subsidiaire, c’est-à-dire lorsque la victime ne peut pas obtenir d’indemnisation par d’autres voies (assurances, condamnation de l’auteur, etc.). Cette aide vise à compenser partiellement les préjudices subis, sans constituer une réparation intégrale.

Qui peut en bénéficier ?

  • Victimes d’actes intentionnels de violence commis en Belgique.
  • Sauveteurs occasionnels, blessés en intervenant pour protéger autrui.
  • Ayants droit en cas de décès de la victime.

Conditions principales :

  • Dépôt de plainte et collaboration avec les autorités.
  • Auteur insolvable ou inconnu.
  • Demande introduite dans les 3 ans suivant la dernière décision judiciaire.

Nature et montant de l’aide

L’aide couvre :

  • Frais médicaux et funéraires
  • Perte de revenus
  • Séquelles physiques ou psychologiques
  • Souffrance morale

Un plafond maximum est fixé par la Commission, qui statue en équité selon la gravité des faits. Une aide d’urgence peut être octroyée avant la décision définitive en cas de situation grave.

Procédure et recours

  • Demande écrite et motivée, accompagnée de pièces justificatives (jugements, certificats médicaux, factures).
  • La Commission peut entendre la victime ou ses proches.
  • Décision administrative motivée, sans révision au fond.
  • Recours possible devant la Cour de cassation pour des questions de droit uniquement.

Restitution et modalités

Si la victime obtient ultérieurement une indemnisation (par exemple, remboursement par l’auteur), elle peut être tenue de rembourser l’aide reçue, conformément au caractère subsidiaire du dispositif.

Conclusion

Ce mécanisme incarne une solidarité nationale envers les victimes d’actes intentionnels de violence. Il ne s’agit pas d’un droit à réparation intégrale, mais d’une mesure gracieuse, fondée sur l’équité.

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