Le 21 octobre 2025, Venise a accueilli la conférence finale du projet VR-DigiJust et l’atelier Digital Rights, réunissant magistrats, avocats et experts pour explorer les défis et opportunités de la justice numérique. Cette première journée a mis en lumière l’impact de l’intelligence artificielle (IA) et de la réalité virtuelle (VR) sur la formation judiciaire et la coopération transfrontalière.
Contexte et objectif
VR-DigiJust est un projet européen cofinancé qui vise à transformer la justice pénale grâce à la digitalisation et à des méthodes de formation innovantes. Son ambition est d’intégrer l’intelligence artificielle (IA) et la réalité virtuelle (VR) dans la formation des professionnels du droit, afin de renforcer la coopération transfrontalière et d’améliorer la gestion des preuves numériques.
Pour rappel, ce projet repose sur la création d’une Académie judiciaire virtuelle, offrant des environnements immersifs, des avatars multilingues et une bibliothèque certifiée alimentée par des sources officielles. L’objectif est de préparer les magistrats, avocats et autres acteurs judiciaires aux défis de la digitalisation, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux et la conformité avec les normes européennes, notamment le futur règlement e-evidence et l’AI Act.
Retour sur la journée du 21 octobre 2025
La conférence s’est ouverte par les mots de Rita Rigoni, présidente par intérim de la Cour d’appel de Venise. Elle a souligné l’importance de la coopération européenne pour construire une justice numérique qui reste fidèle aux droits fondamentaux. Ce message a posé le cadre des discussions : innover sans compromettre les principes essentiels.
Dans la foulée, Sergio Bianchi, directeur, et Beatrice Maccarini, cheffe de projet de la Fondation Agenfor International, ont présenté les projets VR-DigiJust et Digital Rights. Ces initiatives européennes visent à accompagner la transformation digitale des systèmes judiciaires, en mettant l’accent sur la formation des professionnels et la protection des droits dans un contexte technologique en pleine évolution.
Un moment fort de la journée a été la session consacrée à l’application de l’intelligence artificielle (IA) et de la réalité virtuelle (VR) à la formation judiciaire. Sergio Bianchi y a dévoilé la première Académie judiciaire virtuelle européenne, une plateforme immersive qui révolutionne l’apprentissage des magistrats et praticiens. Grâce à des environnements interactifs et des avatars multilingues, cette solution permet de simuler des situations complexes, d’accéder à des ressources certifiées et de bénéficier d’une assistance en temps réel. L’objectif est clair : offrir une formation innovante, adaptée aux défis de la justice numérique, tout en garantissant la fiabilité des contenus et le respect des droits fondamentaux.
L’atelier pratique de l’après-midi a été consacré à l’utilisation de l’Académie judiciaire virtuelle européenne, développée dans le cadre du projet VR-DigiJust. Pendant près de deux heures, les participants ont travaillé sur la gestion de la collecte et du transfert des preuves numériques dans une procédure transfrontalière, en s’appuyant sur un ordre d’enquête européen (EIO) réel. Cet exercice immersif a permis de tester les fonctionnalités de la plateforme, notamment la simulation d’opérations complexes et la traçabilité des données, tout en respectant les exigences procédurales européennes.
Sous la direction de Pietro Suchan, ancien magistrat d’Eurojust et procureur antimafia, les discussions ont porté sur les défis liés à la coopération judiciaire dans un contexte numérique.
L’atelier a mis en évidence l’importance de maîtriser les outils technologiques pour garantir la fiabilité des preuves et anticiper les évolutions réglementaires à venir. Cette approche pratique illustre la vocation de VR-DigiJust : préparer les acteurs de la justice à travailler efficacement dans un environnement digitalisé et sécurisé.
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Le consortium européen






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